L’oribus n°99 – Juin 2017

Cent ans ont passé depuis le décès d’Alphonse Angot, prêtre et auteur de cent soixante ouvrages d’histoire locale. Parmi ceux-ci, les quatre volumes du Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne firent sa renommée et sont toujours utilisés aujourd’hui.
Dans le numéro précédent, déjà, L’Oribus s’était emparé du personnage et avait exploré sa jeunesse. Né dans une famille de commerçants de Montsûrs, Alphonse Angot a choisi à l’adolescence de faire partie du clergé. Puis, devenu prêtre, vicaire de la paroisse Saint-Vénérand à Laval, il découvre par hasard, par ennui peut-être également, la salle des archives toute proche. Il fait alors l’apprentissage, la trentaine passée, de l’exercice d’historien. Nous l’avions quitté à la veille d’un choix délicat et unique dans notre région, celui de renoncer à la charge de curé pour se consacrer pleinement à la pratique de l’histoire.
Un lecteur curieux et attentif percevra dans les silences du Dictionnaire les opinions de l’abbé. Défavorable à Monseigneur Geay, évêque républicain de Laval, hostile aux Inventaires de 1906, c’est un conservateur. Son souci constant de la vérité l’emmène cependant à constituer parmi les intellectuels mayennais de tous bords un réseau de collaborateurs qui l’appuiera dans son travail de recherche documentaire, et qui, par-delà, donnera naissance à des amitiés solides et durables.
Le portrait du grand historien de la Mayenne serait incomplet sans l’obstination des auteurs de ce numéro. Alphonse Angot, d’une discrétion quasi maladive n’a laissé que peu de traces ; son visage nous est connu par une seule photo à 24 ans, alors qu’il vient d’être ordonné prêtre; les rares éléments recueillis sur sa personne ont permis par petites touches d’apporter de la profondeur au personnage. Gaston Chérel, Nicole Villeroux et Isabelle Las sont partis à la rencontre de l’abbé du Dictionnaire, à votre tour de le découvrir.


1888, 1902, 1914 : trois tournants dans la vie de l’abbé Angot par Gaston CHÉREL
Trois dates synonymes de bouleversements: la première, lorsque l’abbé Angot à 41 ans renonce à sa mission pastorale en paroisse pour se lancer dans la rédaction du Dictionnaire ; la seconde lorsqu’une décision de Monseigneur Geay l’éloigne de Louverné; la dernière lorsqu’il s’installe en maison de retraite à Saint-Fraimbault-de-Lassay.
Quel historien est l’abbé Angot ? par Gaston CHÉREL
L’abbé Angot est certes un homme de conviction mais il est aussi à la recherche de la vérité historique. Pour cela il conduit avec méthode ses recherches, s’appuie sur un réseau d’enquêteurs. Il confronte les documents et se rend sur le terrain. Il mène également quelques campagnes archéologiques.

L’atelier sympathique. Les collaborateurs de l’abbé Angot par Nicole VILLEROUX
Le Dictionnaire contient des milliers d’articles rédigés ex-nihilo en quelques années. Cette œuvre n’aurait pas été possible sans le concours de nombreuses personnes. L’abbé Angot surnommait ses collaborateurs « l’atelier sympathique ».

La querelle de Goué ou l’affaire Dreyfus du Maine par Nicole VILLEROUX
Lorsque l’abbé Angot annonce que le seul document médiéval évoquant la croisade du Maine en 1158 est un faux du XVII siècle, les attaques à son encontre sont violentes. Il maintient son analyse au milieu d’une telle tempête que l’archiviste Laurain parle de « L’Affaire Dreyfus du Maine ».

Lire l’abbé Angot par Gaston CHÉREL
Le travail mené autour du Dictionnaire écrase quelque peu le reste de son oeuvre. Loin de l’aridité qui lui est souvent prêtée, l’abbé Angot portait un intérêt à une grande variété de sujets. Deux articles qui évoquent les traces de l’abbé Angot

Le fonds Alphonse Angot. Un trésor départemental. par Isabelle LAS
L’abbé Angot a décidé de remettre l’ensemble de ses archives au Département. Ouvrages anciens, correspondances et notes de travail restent largement encore à découvrir.

1937. Une plaque en mémoire de l’abbé Angot. par Gaston CHÉREL
Vingt ans après son décès, les archives départementales de la Mayenne inaugurent une plaque en son honneur.