L’ORIBUS N°71 – avril 2008

CEAS: 30 ans de citoyenneté active
Cl. Guioullier, N. Houdayer, G. Lair

Drap des noces, drap des morts
Lise Tatin

Accident dans une imprimerie lavalloise
Jean Steunou

Des Mayennais, amis des voyageurs
Jean Fabry

« Souvenirs du chevalier de la Broise »
Garde du corps de Louis XVIII (suite)

Présentation de Philippe Vicente

Editorial

Le Centre d’Étude et d’Action Sociale (CEAS) de la Mayenne a été créé en 1978 grâce à la rencontre de quelques personnes autour de correspondants INSEE, Il s’agissait, dans un environnement léthargique partiellement en voie de sous-développement, d’appliquer une méthode axée sur l’animation, l’information-formation et la recherche-action, afin d’aider les habitants d’un territoire à prendre conscience des réalités de leur espace, à repérer les blocages et à devenir acteurs en recréant une dynamique pour mener des projets. Cette démarche ambitieuse de « démocratie directe » a bien sûr suscité des réserves du côté de certaines instances en place et chez pas mal d’élus de tous bords. Mais pas toujours. Elle a même souvent été accueillie avec enthousiasme. Les domaines les plus divers du tissu social ont été touchés par l’action de cette association modeste en taille.

Les choses ont changé. La société mayennaise et la vie associative ne sont plus tout à fait ce qu’elles étaient et par ailleurs, les subventions ont fondu. Mais le CEAS est toujours là avec son utopie, son esprit de résistance, sa volonté d’être pour chacun un lieu-ressources d’information et de documentation tout en assurant un éventail de services aux associations. En cette année 2008, Claude Guioullier, Nathalie Houdayer et Gilbert Lair brossent un tableau de « trente ans de citoyenneté active ».
Dans sa peinture et sa sculpture, on le sait, Robert Tatin, a su tracer son chemin. Son épouse,
Lise Tatin, raconte à son sujet une anecdote curieuse dans laquelle l’artiste a, peut-être involontairement, utilisé un support original : les broderies d’un drap de lit de noces réalisées dans les années cinquante par Lise elle-même…

Dans une imprimerie lavalloise, nous rapporte Jean Steunou, un jeune apprenti compositeur s’est retrouvé un jour de 1887, la tête entravée entre les barreaux de la manivelle actionnant la machine à imprimer. Sans l’intervention d’un camarade, il aurait connu une fin atroce.
L’inspecteur divisionnaire du travail, fonction alors nouvellement professionnalisée, avait en responsabilité quatre départements. Il a cependant eu connaissance de l’accident. Il a rédigé un rapport qui analyse les circonstances et avance des mesures pour améliorer la sécurité du travail.

AMAV: l’Association Mayennaise des Amis des Voyageurs a été créée en 1966. Elle n’a pas changé de sigle pour devenir plus tard l’association mayennaise d’action auprès des gens du voyage. Dans le numéro 68 de L’Oribus, nous avons publié un dossier réalisé par Bernard Cossée, actuel président, sur l’histoire de cette association quadragénaire : « 40 ans d’accueil des gens du voyage en Mayenne ». Une histoire si riche et contrastée, disait l’introduction, qu’« il faudrait y consacrer un véritable livre ». C’est tellement vrai que nous sommes déjà en mesure d’apporter des compléments grâce à Jacques Fabry qui fut directeur du terrain de la Jaunaie à Laval de 1967 à 1998 et qui raconte son « expérience enrichissante ».
S’ajoutent deux autres apports : le témoignage du pasteur Tholl sur la genèse de l’AMAV et l’interview de Claude Leblanc qui évoque son rôle de président de 1985 à 1995.

Le chevalier de la Broise continue, toujours sous la direction de Philippe Vicente, de nous décrire sa vie. Quand nous l’avons quitté dans le numéro 69 de L’Oribus, il rejoignait son corps à Versailles après avoir participé à l’insurrection de 1815 en Mayenne. Nous le retrouvons en 1817-1818 Garde du corps de Louis XVIII. Il décrit son existence au château, les services qu’il assure, ses divertissements, la vie culturelle à Paris (théâtre ou peinture) révélatrice des tensions latentes dans la société. Face aux « passions révolutionnaires » qui ont « recommencé à s’agiter dans l’ombre », il regrette, comme « tous les véritables amis de la monarchie des Bourbons » l’attitude à ses yeux trop conciliante d’un « gouvernement paternel ». Des « menées sourdes » peuvent viser un scandale comme celui de Germanicus. Mais ses amis royalistes ne restent pas passifs. Et les grosses cannes auxquelles on a justement donné le nom de germanicus ont été utilisées aussi dans des cafés ou ailleurs pour intimider les « libéraux ».

Sur le plan artistique, la Broise mentionne également l’enseignement qu’il a reçu en peinture dans l’atelier de Pierre Guérin, puis dans celui de M. Dubufe. C’est ainsi que les peintres Dubufe, père et fils, eurent l’occasion de réaliser le portrait bien connu du chevalier de la Broise…

René Lemarchant