L’ORIBUS N°70 – décembre 2007

Un Ernéen dans la drôle de guerre
Charles Guibert

Redécouverte du squelette humain de Voutré
Jérôme Tréguier

« Souvenirs du chevalier de la Broise »
Garde du corps de Louis XVIII

Présentation de Philippe Vicente et Jean Steunou

Le théâtre de Laval (3e partie) : 1955-1995
Les années Bourzeix
Hélène Lindner-Bonnin, Anton Lindner

Editorial

Si les dramatiques événements qu’a vécus la France de 1940 à 1944 sont bien connus d’un large public, il n’en va pas de même de la période dite de la « Drôle de guerre ». Celle-ci s’étend sur près de huit mois, du 3 septembre 1939, date du début du conflit, jusqu’au 10 mai 1940 date qui correspond à l’attaque massive des forces allemandes à l’Ouest appelée « Guerre éclair ». Nous avons choisi de faire revivre ces mois d’inaction militaire à travers les lettres d’un soldat mobilisé, l’Ernéen Charles Guibert. Que ce soit en région parisienne, puis en Alsace, en avant de la ligne Maginot, l’auteur décrit quotidiennement à son épouse l’atmosphère si particulière de cette « Drôle de guerre », sans combats. L’auteur tue le temps en lisant, en faisant des randonnées pédestres, en jouant aux cartes ou au football, en prenant des bains de soleil. On sait que l’ennemi finira par attaquer.

Mais où ? Mais quand ? À travers ces lettres, où l’on devine l’absence de stratégie offensive de l’état-major, on comprend mieux l’état d’esprit du soldat de 1939, mal préparé à la guerre, mais prêt néanmoins à faire son devoir.

Sous la conduite de Philippe Vicente et Jean Steunou, nous retrouvons le chevalier de la Broise, dans un nouvel épisode de sa carrière militaire, après la chute définitive du Premier Empire. Le voilà, au début de la seconde Restauration, garde du corps du roi Louis XVIII. On reconstitue les corps d’Ancien régime avec les débris de l’armée napoléonienne. Notre héros fait valoir ses états de service pendant la Chouannerie mayennaise de 1815 pour obtenir le grade de capitaine.

Il décrit aussi quand il est de service, en détail et avec enthousiasme, la vie de la cour et les déplacements du roi dans une France en paix mais où les fractures politiques nées de la Révolution sont loin d’être refermées.
Dans une troisième et dernière partie, Hélène Lindner-Bonnin et Anton Lindner font revivre la période la plus récente et toujours mouvementée du théâtre de Laval, de 1954 à nos jours. Les deux auteurs nous font surtout revivre les années Bourzeix, grâce au témoignage de son fils Jacques. C’est en 1954 que Robert Bourzeix prend la concession du cinéma-théâtre de Laval dans un contexte difficile : installations obsolètes, concurrence sévère des troupes de patronage.
Le cinéma-théâtre de Laval se modernise en plusieurs étapes : rénovation de la salle en 1957-1958, ouverture d’une discothèque en 1968, transformation du café du théâtre en deux salles de cinéma supplémentaires en 1982. Mais l’existence de la salle polyvalente puis la construction d’un complexe cinématographique quai Gambetta, conduisent la municipalité à refaire complètement à neuf le théâtre qui rouvre ses portes en septembre 2007

Si L’Oribus n’a pas de cadavre dans ses placards, le musée des Sciences de Laval en avait un qu’il vient de retrouver, au moins partiellement : le squelette qui gisait dans la grotte de Voutré explorée en 1878 (objet d’un article de L’Oribus en mars 2004) avait mystérieusement disparu. Jérôme Tréguier nous décrit cette redécouverte d’ossements qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

Rémy Foucault