L’ORIBUS N°68 – mai 2007

L’A.M.A.V.
40 ans d’accueil des Gens du voyage en Mayenne
Bernard COSSÉE

L’enseignement de l’histoire au début du XXè siècle
Présentation du manuel d’histoire du cours élémentaire de Julien Hay, instituteur en Mayenne, en 1902
Jean Steunou

Le théâtre de Laval 1ère partie
De la construction aux concerts patriotiques
Hélène Lindner-Bonnin et Anton LINDNER

Jules Bedeau
Un Mayennais dans la Chine des Boxers (1900-1901)
François Pavé

Editorial

“Actualités”… C’est peut-être l’intitulé général que l’on aurait pu attribuer à ce numéro 68, titre certainement paradoxal pour une revue consacrée à l’histoire. Pourtant, chacun des articles présentés ici nous renvoie au temps présent, volontairement sans doute, lorsqu’il s’agit de rendre compte d’un anniversaire ou de saluer un événement, mais aussi par télescopage avec certaines préoccupations de l’air du temps.
Aujourd’hui, l’AMAV (Association Mayennaise des Amis des Voyageurs puis Association Mayennaise d’Accueil des Gens du Voyage puis Association Mayennaise d’Action auprès des Gens du Voyage) compte 40 années d’existence. C’est l’occasion pour Bernard Cossée, l’actuel président de l’association, de nous en présenter l’histoire, riche d’événements complexes, d’expérimentations diverses, de réussites, d’échecs. Ce travail s’appuie sur des recherches réalisées avant son décès en 1996 par Jean-Pascal Lefebvre, journaliste et membre de L’Oribus. Au travers du passé de l’AMAV, nous (re)découvrons le terrain d’accueil lavallois de la Jaunaie et les Gens du voyage dans leur réalité quotidienne, au delà des clichés et des idées reçues. Divers témoignages recueillis par Philippe Vasseur, écrivain-biographe en Mayenne, jalonnent le récit. Au passage, les lecteurs apprécieront (pour les plus anciens, il s’agira d’une redécouverte) le dessinateur Gulliver qui collabora en son temps à L’Oribus.

Aujourd’hui, il est beaucoup question du théâtre de Laval. Une page se tourne pour cet édifice, l’un des symboles historiques du Laval rénové du XIXe siècle. Derrière la façade originelle conservée, un bâtiment entièrement nouveau est maintenant construit, prêt à entrer en service au mois de septembre prochain. Ce renouvellement donne l’occasion à Hélène Lindner-Bonin et Anton Lindner de nous raconter l’histoire du théâtre de Laval.
La première partie de leur contribution nous conduit de la construction du théâtre sous la Restauration jusqu’à la Première guerre mondiale marquée par les concerts patriotiques. Entre temps, le cinéma s’est fait une place à côté des oeuvres lyriques et théâtrales.
Aujourd’hui, il est beaucoup question de forger le citoyen français, de définir les traditions qui ont fait la France, de défendre une certaine identité nationale, d’apprendre et de chanter La Marseillaise, d’arborer le drapeau aux trois couleurs… Et les références à l’école de Jules Ferry se multiplient. Précisément, comment enseignait-on l’histoire au temps de la création de l’école publique, gratuite, voire obligatoire ? C’est ce que propose l’étude du manuel du cours élémentaire rédigé en 1902 par Julien Hay, instituteur mayennais.

Dans un ouvrage dense, étonnant pour des élèves de cours élémentaire, le lecteur découvre une histoire patriotique, morale, marquée par l’idéologie du progrès. Cette histoire événementielle ne néglige pas les civilisations et fait une large place à l’histoire locale.
Bref, nous découvrons un enseignement de l’histoire très engagé dans le projet politique
républicain de l’époque.

Aujourd’hui, François Pavé dédie une étude fouillée au carnet de route de son grandpère, soldat français engagé en 1900-1901 dans la guerre des Boxers en Chine. Un livre rend compte de ce travail et éclaire le récit de Jules Bedeau que L’Oribus avait présenté en décembre 1992 dans son numéro 32.

Jean Steunou