L’ORIBUS N°66 – octobre 2006

Une histoire de la bibliothèque municipale de Laval
Suzanne Sens

Les enfants juifs cachés en Mayenne sous l’occupation
Valérie Balluais

Février 1891, inauguration du théâtre de Mayenne
Jean Steunou

Ahl, Ranitzsch, Wunderlich et les autres…
Des Allemands prisonniers en Mayenne pendant la Grande Guerre
Michel Dloussky

La Franc-maçonnerie en Mayenne
Une histoire de 250 ans…
Jean-Baptiste Novely

Editorial

Valérie Balluais consacre une longue étude (il s’agit en fait de l’essentiel d’un mémoire de maîtrise) aux enfants juifs cachés en Mayenne pendant la Seconde guerre mondiale. Sans prétendre à l’exhaustivité, impossible sur ce sujet où les sources écrites sont rares, l’auteure se consacre à un minutieux travail d’histoire orale à travers le récit de plusieurs enfants juifs de Paris, âgés, au moment des faits, de 4 à 12 ans. Après avoir présentéles politiques antisémites du gouvernement de Vichy et desoccupants allemands, qui conduisent logiquement de la discriminationà l’extermination, Valérie Balluais suit le destin de cesenfants (et de leur famille) qui ont dû fuir la capitale. Elle décrit les filières qui les prennent en charge depuis Paris, leur acheminement vers la Mayenne, en particulier vers les communes de Landivy et de Fougerolles-du-Plessis où ils sont très nombreux,leur adaptation à une vie rurale qui leur est parfaitement inconnue, la complicité avec les adultes qui « savaient » (l’instituteur, certains parents d’accueil), leur retour en 1945, certains avec leurs parents retrouvés, d’autres sans, leur difficile travail de reconstruction et de mémoire.

Également victime de la politique de Vichy, la Franc-maçonnerie mayennaise a 250 ans cette année. Jean-Baptiste Novely nous plonge dans l’histoire locale de ce mouvementapparu très tôt dans cette partie du Maine. Avant la Révolution, les adhérentsdes premières loges se recrutent principalement dans l’aristocratie. Réorganisée après la Révolution, la Franc-maçonnerie mayennaise devient, au milieu du XIXe plus bourgeoise, laïque et anticléricale. Elle subit les critiques des réactionnaires à la fin de ce siècle. Au XXe siècle, la loge Volney, à Laval, de l’obédience du Grand Orient de France, connaît une certaine renommée, malgré la période noire de 1940-1944, tandis que des loges d’autres obédiences, certaines mixtes, prospèrent depuis quelques décennies.

Michel Dloussky revient sur les prisonniers de guerre allemands de 1914-1918 en Mayenne, (voir L’Oribus n° 56) en se penchant cette fois sur le cas de blessés soignés dans les hôpitaux locaux, en particulier le sous-lieutenant Hermann Ranitzsch, dont quelques lettres retrouvées par hasard, ont été publiées en Allemagne. Décédé à Lavalle 25 novembre 1918, il était persuadé d’appartenir à une catégorie d’« hommes voués à la mort ».

Dans un registre plus léger, Jean Steunou nous convie à l’inauguration du théâtre de Mayenne, le 7 février 1891. Cet édifice, décrit à l’époque comme « blanc commeune robe de mariée » extérieurement et comme « un véritable bouquet de roses » à l’intérieur est aujourd’hui, bien restauré, le seul théâtre ancien conservé dans notre département.

En 1891, un prologue rimé faisait découvrir à un candide parisien les charmes et l’histoire de la ville de Mayenne. À l’heure de la diffusion de la connaissance par Internet, Suzanne Sens retrace parle texte et l’image l’histoire de la bibliothèque municipale de Laval, « temple de la culture livresque ». Elle rappelle les lieux d’accueil successifs, depuis le XVIIe siècle, le plus connu étant bien sûr la place Saint-Tugal, du XIXe siècle au début des années 1970. L’établissement étant devenu trop exigu, il a fallu déménager vers l’emplacement actuel, place de Hercé. L’aventure continue puisque, après un certain nombre d’antennes dans les quartiers de Laval, la médiathèque ouvre un second établissement à Saint-Nicolas.

Rémy Foucault