L’ORIBUS N°65 – février 2006

LES ANNEES 1870-1874 à VOUTRE
JOURNAL DU CURE RENAUDEAU

Présentation et notes Jean STEUNOU

L’ART NAÏF TOUJOURS VIVANT
CAROLINE CIRON, ARTISTE LAVALLOISE

Michel DLOUSSKY

ROBERT BURON
UNE IMPLANTATION DURABLE EN MAYENNE PENDANT LA IVe REPUBLIQUE

Michel GAIGNARD

« SOUVENIRS DU CHEVALIER DE LA BROISE »
L’INSURRECTION DE 1815 EN PAYS MAYENNAIS

Présentation et notes

Philippe VICENTE
et Jean STEUNOU

Éditorial

PJean-Baptiste Renaudeau, curé de Voutré de 1847 à 1886, relate dans un long manuscrit les faits marquants de son sacerdoce, mais aussi les événements qui ont jalonné la vie paroissiale locale. Il évoque notamment la guerre de 1870-1871 et les années qui ont vu naître la Troisième République au travers de commentaires qui s’apparentent parfois à un pamphlet : il condamne sans appel les idées qui se sont développées depuis la Révolution ou qui ont émergé au XIXe siècle. Légitimiste, il appelle de tous ses vœux le retour à la royauté, stigmatise le Second empire et l’action de Napoléon III, refuse la république et condamne toute école qui ne serait pas inféodée à l’Église. Il raconte également le passage des troupes françaises par le bourg de Voutré en janvier 1871, après la retraite du camp de Conlie, puis celui des troupes prussiennes quelques jours plus tard. À l’aide de notes et de renvois historiques, Jean Steunou inscrit les propos du curé Renaudeau dans leur contexte, commente ses écrits en replaçant les faits dans une perspective historique plus large.

Michel Dloussky nous fait découvrir le talent de Caroline Ciron, jeune artiste peintre lavalloise, petite fille du peintre naïf Fernand Lefresne, décédé en 2001. Artiste autodidacte, elle s’est formée au contact de son grand-père : même technique, emploi de la peinture à l’huile, souci extrême du détail, animation des scènes… Elle s’est surtout, jusqu’à présent, attachée à illustrer des scènes de la vie lavalloise, sans pour autant rejeter une orientation vers d’autres représentations au gré de ses voyages.

Michel Gaignard évoque les circonstances de l’implantation de Robert Buron et de son parti, le MRP, dans le département de la Mayenne à partir des élections de la première Constituante, en 1945. Son étude est volontairement contenue dans les limites de la quatrième République. La revue L’Oribus a déjà évoqué à plusieurs reprises la forte personnalité de Robert Buron et plusieurs aspects de sa brillante carrière politique. L’auteur partage la vie politique du négociateur des accords d’Évian en quatre épisodes de durée inégale et s’attache plus particulièrement à la période 1945-1958 durant laquelle il a été député de la Mayenne et ministre MRP, ne traitant que très succinctement l’aspect ministériel. Durant ces quelques années, le MRP devient le parti le plus influent dans le département, pendant que Robert Buron poursuit son enracinement. Entre 1951 et 1953, il devient conseiller-général de Villaines-la-Juhel et maire de ce gros bourg, puis ministre de la France d’Outre-Mer dans le gouvernement Mendès-France. La dernière année du régime de la quatrième République, la précipitation des événements de mai 1958, les réactions des Mayennais face à cette période troublée, fournissent autant d’occasions de mieux comprendre la sensibilité politique de Robert Buron, son humanisme et son attachement profond à la démocratie.

Jean-Yves Gougeon et Jean Steunou complètent cette étude en présentant des photographies inédites des deux voyages de Robert Buron en Afrique Occidentale Française en 1954.

Philippe Vicente nous invite à suivre le chevalier de La Broise revenu en Mayenne, au début des Cent jours, lorsque commence l’insurrection de 1815 en pays mayennais. Après avoir répondu favorablement à l’appel de Hardy de Lévaré et s’être rallié aux troupes royalistes, le chevalier de la Broise participe, de l’intérieur, à la recherche des futures recrues parmi la population paysanne, à leur instruction militaire sous les ordres d’officiers royalistes et de chouans issus de la première chouannerie. Il raconte le combat qui oppose le commandant Duvivier à la tête de trois cents hommes et de quelques gendarmes à mille cinq cents royalistes dans les rues de Cossé-le-Vivien et dépeint quelques-uns des hommes qui dirigent l’insurrection dans notre département : Moustache, Desrochers, de Chavagnac, Véron, Louis d’Argentré, Boullier de Branche, Antoine de Préaulx…

Jacques Cousin